Twilight Lunaison est un forum de rpg qui poursuit l'intrigue de Révélation, chapitre de la saga Twilight de Stephenie Meyer. Pour sa renaissance : une nouvelle intrigue, de nouveaux personnages, rejoignez-nous pour écrire l'histoire...
 

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Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI]

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MessageSujet: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Dim 9 Jan - 14:33

Les cours étaient finis depuis un moment. Pourtant, j’étais toujours là. J’errais dans les couloirs sans le moindre but. J’étais quelques peu préoccupée, et pour cause : Un peu plus tôt dans la journée, un surveillant était venu me voir en me donnant une feuille m’étant adressée. C’était une convocation rédigée à mon attention de la part d’Eléanore d’Amboisie…la psychologue du lycée. Rien de plus, juste ce petit mot tapé à l’ordinateur et légèrement chiffonné. Inutile de dire que je fus surprise en découvrant son contenu. Je fus d’abord étonnée du simple fait qu’il y ait une psychologue dans un lycée…dans mon ancien établissement, il n’y en avait pas. De plus, je n’étais jamais passé devant une psychologue…j’ignorais complètement comment ça allait se passer. Je fixai le sol reluisant des couloirs, en faisant les cents pas. Quelques fois je m’arrêtais pour regarder l’heure sur la pendule qui une fois les couloirs vides offrait des tic-tacs au rythme régulier. En ayant assez de marcher, je m’appuyai contre le mur. J’étais assez inquiète en attendant que la porte du bureau s’ouvre pour m’accueillir. J’étais de nouveau perdu dans mes pensées lorsque un bruit de serrure émana de la porte du bureau me ramena à la réalité. M’attendant à voir la porte s’ouvrir je me redressai, attentive au moindre mouvement. Mais il n’en fut rien, l’antre restait close. Intriguée, je toquai plusieurs fois, mais il n’y avait aucune réponse. Je fronçai les sourcils et déposa mes doigts sur la poignée. J’eus à peine besoin d’appuyer, juste de pousser. Je ne l’avais pas remarqué mais la porte s’était légèrement entrouverte. J’observai de la lumière dans le trait fin séparant la porte du mur. Je poussai alors un peu plus la porte avec délicatesse jusqu’à l’ouvrir complètement. A première vue il n’y avait personne. Je remarquai une autre porte dans la pièce, c'était sûrement la femme de ménage qui avait ouvert la porte et qui était partie dans l'autre salle. La pièce était très belle et très bien décorée…on se serait crut dans un véritable cabinet de psychologie. Un large lustre trônait au plafond, une immense bibliothèque était posée sur le mur en face de moi…elle était remplit de livres de psychologie.

Je fis un pas dans la pièce et referma la porte derrière moi. J’avançai encore et peu et m’arrêta, net. J’ignorais ce pourquoi j’étais là…qu’est-ce que cette psychologue pouvait bien vouloir savoir sur moi ? Déjà que j’avais quelques difficultés à me confier, je ne me voyais pas dévoiler tout l’étendu de ma vie à une parfaite inconnue aussi qualifiée soit-elle. Ceci dit, j’attendais de voir comment cela allait se passer avant de porter un jugement quel qu’il soit. Je me tenais donc immobile comme à mon habitude et je regardais dans le vide, de nouveau perdue dans mes pensées les plus profondes. J’ignorai combien de temps je restai ainsi, une minute ? Une demi-heure ? Je n’en avais aucune idée, tout ce que je sais c’est que le craquement de l’ouverture de la porte derrière moi me fit sursauter. Surprise, je me retournai. Mon cœur s’était accéléré, ceci ayant été causé par le bruit inattendu qu’avait fait la porte dans mon dos. Rien de plus qu’un petit sursaut. Je soupirai et releva la tête. J’eus un léger oscillement, une ravissante femme se tenait en face de moi et me fixait. Elle était d’une pâleur intense, je fronçai même les sourcils en me demandant si elle se sentait bien pour être si blafarde. Pourtant, cette pâleur ne faisait que ressortir sa beauté. Une beauté que je ne pouvais qu’admirer…ce que j’aurais aimé lui ressembler. Une fois l’observation finie, je me demandai si la personne que j’avais en face de moi n’était pas la fameuse psychologue qui m’avait convoquée. J’eus un pic de stress lorsque je me rendis compte que si c’était bien le cas, j’étais entrée dans ce bureau sans la moindre permission. Je baissai légèrement la tête en déclarant d’une voix tremblotante :

« Oh bonsoir ! Enfin…je veux dire…je…je suis désolée, je n’aurais jamais dût entrer. J’aurais dût vous attendre. Excusez-moi. »

Même si son visage inspirait grandement confiance, et assez étrangement d’ailleurs, j’espérai qu’elle ne serait pas trop dure envers moi. Je me mordais les lèvres en attendant sa réponse…
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Lun 10 Jan - 3:43

L’agence de l’emploi m’avait prévenue : avec un curriculum vitae tel que le mien, tant de diplômes, il saurait me trouver plus d’un travail. Et moi j’avais souri en pensant que, comme à mon habitude, j’en avais trop fait.
*Et dire que tu as dû prétendre les avoir obtenu grâce à 4 ans d’avance dans ta scolarité, ils ont dû croire à une véritable surdouée dans cette agence* songeais-je avec amusement.
J’étais néanmoins honteuse d’avoir dû les falsifier, non pas qu’ils étaient tout à fait faux j’avais bien décroché ces diplômes mais les années d’obtention et ma date de naissance à chaque fois différente aurait pu choquer quelque peu la charmante dame qui s’était occupée de mon dossier.


Toujours est-il que cela faisait maintenant plus d’un mois que cette scène avait eu lieu dans l’agence à l’emploi de Seattle et que depuis j’avais été recontacté pour un travail de psychologue scolaire au lycée de Forks que j’avais d’ailleurs accepté, travailler avec des enfants enfin plutôt des adolescents quoi de plus stimulant pour mon don !

Mon installation avait eu lieu dans la plus grande discrétion il y a maintenant plus d’un mois. N’ayant pas autrefois de bureau digne de ce nom pour leur ancienne psychologue scolaire maintenant partie à la retraire celle-ci travaillait dans le petit cagibi à côté des archives. Toutefois le directeur avait insisté pour m’en aménager un plus convenable et spacieux rapidement qui saurait combler mes souhaits : *mon charme naturel l’avait sans doute influencé dans cette décision*.

Bref j’avais eu le droit à tous les honneurs que quelqu’un peut espérer : un chaleureux accueil de la part du directeur de l’établissement, un bureau flambant neuf et pour couronner le tout j’avais pu organisé ce dernier à mon souhait et y avait donc ajouté la plupart des livres de ma collection traitant de la psychologie ainsi qu’un ancien lustre que je gardais depuis un long moment tant j’admirais sa beauté ancienne. Cà et là était également disposée des bibelots personnels ainsi que plusieurs cristaux de différentes natures.

Depuis mon installation, j’avais passé mon temps à étudier les dossiers des élèves car oui aussi curieux que cela puisse paraître je prenais mon nouveau travail à cœur : j’aimais toujours le moment où j’allais découvrir le paysage dans lequel j’allais me fondre pendant quelques années, les mentalités n’étaient jamais identiques et si l’esprit des humains fonctionnait souvent de la même manière des légères variations dans leur manière d’exprimer leurs émotions apparaissaient toujours rendant ainsi ma vie moins monotone.

*Que me réservaient donc les élèves de Forks ?* était l’interrogation qui occupait le plus mon esprit.
C’est pour répondre à cette question que je m’étais plongée dans les différents dossiers à la recherche de la perle rare dont l’histoire attirerait mon attention. Malheureusement pour moi, après des heures de lecture incessantes assise dans un magnifique fauteuil de cuir clair qui trônait derrière un bureau plus qu’élégant qui reflétait toute la beauté de mon nouveau bureau tout fraîchement aménagé, j’avais dû me rendre à l’évidence : peu de choses devaient se passer ici et même les élèves qui étaient censés me donner du fil à retordre étaient loin de me convaincre.

Toutefois un matin, en arrivant au travail, j’avais trouvé des notes qui avaient été laissées à mon intention. Parmi elles, je trouvais un papier émanant du bureau de la vie scolaire me signalant l’arrivée de trois nouvelles élèves cette semaine : Coralie Trem, Andréa Jones et Kimberley Jones. Les deux premières étaient les plus jeunes et je décidais donc qu’il ne serait peut-être pas inutile de les convoquer histoire de discuter un peu de leur adaptation à cette ville, à leur vie d’avant, à leurs attentes,… Qui sait, cela pourrait peut-être se révéler intéressant après tout.

C’est donc motivée que ce matin-là, je pris mon stylo et tatoua à l’encre noire de ma fine écriture une convocation à l’attention de Mademoiselle Coralie Trem. De la fenêtre peu avant le début des cours matinaux, je contemplais l’arrivée des adolescents qui se pressaient. Je n’aimais pas les foules : trop de sentiments y étaient mélangés et cela me rendait vulnérable lorsqu’ils m’envahissaient. Enfin aujourd’hui allait peut-être être le signe de changement, d’un peu plus de vie avec cette nouvelle élève. Très tôt, j’apportais donc ma convocation aux surveillants de manière à ce que ceux-ci puissent la donner à cette chère demoiselle.

Ne quittant pas l’idée de cette entrevue en tête de la journée, je ne fus toutefois pas à l’heure à notre rendez-vous. En effet, un élève avait été surpris en train de cuver dans les toilettes et bien sûr en tant que psychologue j’avais été dans les premières personnes prévenues de manière à pouvoir parler avec ce jeune homme puis à parler avec ses parents des difficultés de leurs fils. Cet imprévu m’ayant retenue dans le bureau du proviseur durant une bonne quinzaine de minutes de plus que je ne l’aurais voulu, je me hâtais de rejoindre mon bureau.

A ma grande surprise, personne n’attendait devant celui-ci. *Se pourrait-il que mademoiselle Trem m’ait déjà faussé compagnie ?* me demandais-je intérieurement. Je me dirigeais donc vers la porte de mon bureau et constatais qu’elle s’ouvrirait sans que j’ai besoin d’utiliser ma clé : pestant un énième fois contre la femme de ménage qui avait dû oublier de la refermer avant de passer aux salles de classe adjacentes comme ça avait été plusieurs fois le cas depuis mon arrivée, j’ouvris la porte avec délicatesse. A peine fut-elle ouverte que je vis une jeune fille debout en plein milieu, étonnée je la contemplais quelques instants avant de refermer la porte de mon bureau.

Visiblement, elle avait été aussi surprise que moi et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire elle bredouilla des excuses :

« Oh bonsoir ! Enfin…je veux dire…je…je désolée, je n’aurais jamais dût entrer. J’aurais dût vous attendre. Excusez-moi. »

Effectivement, je n’appréciais guère qu’on entre dans mon bureau sans permission mais je devais avouer que cela n’était qu’à moitié de sa faute étant donné que cette situation résultait sans aucun doute de l’étourderie de la femme de ménage. Mon regard passa doucement sur mon bureau tandis que j’en faisais le tour et y déposait les quelques dossiers que je tenais dans mes mains. Ayant une très bonne mémoire, je notais qu’absolument rien n’avait bougé de sa place d’origine et en conclus qu’elle n’avait touché à rien.

Son seul crime ayant été d’être entré dans mon bureau sans autorisation, je décidais de ne pas la blâmer, elle dont je ressentais toute la peur et l’angoisse. Conciliante, je lui dis donc :

- Bonsoir Mademoiselle, ne vous inquiétez pas pour votre présence ici mais s’il vous plait veuillez m’attendre devant mon bureau la prochaine fois.

Puis lui adressant un petit sourire de manière à la mettre plus en confiance, j’ajoutais de ma voix douce :

- Je suis mademoiselle D’Amboisie, la psychologue et vous je suppose que vous êtes Coralie Trem ?

Je lui tendis la main en guise d’accueil en espérant que mon laxisme m’avait permis d’acquérir une part de sa confiance et donc qu’elle se confierait à moi avec plus d’aisance. Après tout qui sait, elle serait peut-être enfin une personne qui aurait besoin de mon aide…


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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Lun 10 Jan - 20:26

J’observai la femme à qui je m’étais adressée glisser jusqu’à son bureau. Elle déposa délicatement ses dossiers. Je vu son regard vagabonder sur son bureau, elle vérifiait sans aucun doute que tout était à sa place. Mais je savais qu’elle pouvait d’ores et déjà se rassurer, je n’avais fait que jeter un bref regard sur ses affaires, depuis le début j’étais là, immobile comme une statue de glace perdue dans ses songes. Et puis, même si j’avais été plus active, je ne me serais jamais permise de toucher à ce qui ne m’appartient pas, encore moins de prendre, c’était contraire à ma façon d’être et n’était pas dans ma nature. Je la vit se tourner vers moi pour me dire gentiment :




- Bonsoir Mademoiselle, ne vous inquiétez pas pour votre présence ici mais s'il vous plait veuillez m'attendre devant mon bureau la prochaine fois.



Je répondis d’un hochement timide de la tête, j’étais légèrement recroquevillée, le dos courbé en avant, m’appuyant plus sur ma jambe droite que sur la gauche, celle-ci étant légèrement pliée. Tout en faisant entrelacer mes doigts entre eux j’eus un soupire de soulagement, ainsi rassurée qu’elle ne fut pas dure avec moi et qu’elle était compatissante. En attendant que celle-ci eut finit son petit rangement je tournai ma tête vers la bibliothèque…je ne pus m’empêcher de remarqué un livre qui semblait différent des autres. Il était légèrement couché et sa couverture était violette…c’est d’ailleurs sa couleur qui m’attira. Les autres livres étaient plus dans des tons gris ou bleus, celui-ci ressortait. De plus, sachant que le violet était ma couleur préférée, mon œil fut irrémédiablement attiré. Du fait qu’il soit légèrement penché, je n’eus qu’a me cambré un peu et à faire un pas en arrière pour pouvoir lire la couverture, je vis ainsi gravé en lettre d’or : « L’énigme de l’esprit, une perle rare ». Ce titre me provoqua un sourire en coin, je tentai de voir le dos du livre pour en lire le résumé mais les écritures étaient trop petites, n’ayant pas pris mes lunettes, je ne pouvais bien voir d’où j’étais. Abandonnant, je me redressai en regardant de nouveau dans le vague. Ce titre me plaisait, ainsi, j'étais presque sûre que j’étais en face de la psychologue, je m’imaginais à sa place…l’associant à ce titre. Ainsi, peut-être me considérait-elle comme une énigme à résoudre ? Et si tel était le cas, elle avait sans doute devant elle un puzzle bien mystérieux. J’ignorais si j’étais « une perle rare » mais je savais que j’avais une façon d’être et une personnalité pouvant différer de celle des autres même si elle ne s’aperçoit pas au premier abord. Oui...mon esprit devrait être une sacré énigme puisque moi même je n'ai toujours pas réussit à la résoudre. Je clignai des yeux, me voilà en train de me faire un film maintenant…je secouai la tête et revint au réel. Après tout, cette femme devait avoir vu des centaines de cas…si elle s’occupait réellement de tous les élèves, il était impossible qu’elles les connaissent tout et qu’elle mémorise chaque information…ceci dit, l’état honorable du bureau me laissait l’idée que son prestige en la matière n’était pas des moindres. Personnellement je ne pensais pas avoir besoin d’une certaine aide psychologique ou du moins je ne pensais pas avoir un trauma particulier à soigner. Maintenant peut-être que tel n’était pas le but de cette psychologue qui dégage une aura tel que la confiance était naturelle, comme si elle décryptait les émotions…c’était stupide…il faut que j’arrête de lire des titres de livres de psychologies, ça ne me fait que délirer sur des théories inutiles. Mon regard se redirigea vers elle quand elle s’avança vers moi en me disant d’un petit sourire :




- Je suis mademoiselle D'Amboisie, la psychologue et vous je suppose que vous êtes Coralie Trem ?



En même temps qu’elle eut prononcée sa phrase, elle me tendit la main. Par politesse je la pris. Au moment au j’effleurais sa peau, je dus me retenir pour rester naturelle. Elle était froide, vraiment froide et d’une douceur inouïe. Le fait de lui faire remarquer n’aurait été qu’insolence de ma part, ceci dit, je m’inquiétais quand même de savoir si cette femme se sentait vraiment bien. Sa pâleur extrême et sa peau froide comme de la glace…on aurait pût penser que les rayons du soleil n’avait jamais effleuré son épiderme. Ceci dit je me rassurais avec son sourire radieux et son expression chaleureuse en me disant que cela devait être naturel. J’étais à présent certaine d’avoir en face de moi la psychologue qui m’avait convoqué. D’un sourire poli et d’un acquiescement je répondis calmement :

_ C’est donc vous la psychologue du lycée…enchantée. Oui, je suis bien Coralie Trem. J’ai reçu votre convocation dans la matinée…

A la fin de ma phrase, nos mains se lâchèrent, je ne pût m’empêcher de prendre ma main droite, celle avec laquelle je venais de saluer mademoiselle D’Amboisie, et de la tenir dans ma main gauche. Ma main droite était devenue à son tour vraiment froide au contact de la psychologue. Discrètement, je tenais ma main droite et la frottait légèrement afin de là réchauffer. Confuse, ne sachant pas ce que j’étais sensée faire à présent je regardais mademoiselle D’Amboisie d’un air interrogateur. Qu’étais-je censé faire à présent ? M’asseoir ? Rester debout ? Parler ? Je n’en savais rien, après tout, c’était elle qui m’avait convoquée. Continuant d’interroger la spécialiste de l’esprit du regard, j’attendis ses indications à mon égard.
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Mer 12 Jan - 1:53

Dès que j'eus prononcé ma réponse à ses excuses, ses émotions devinrent plus calmes, plus posées. Visiblement, cette jeune fille ne devait réellement pas avoir l'habitude de faire des petites bêtises pour que la peur s'empare d'elle aussi facilement après avoir été surprise : *sans doute une élève sans histoire* me notais-je intérieurement.

Pendant que je rangeais les quelques dossiers que j'avais en main et sortais un calepin pour noter quelques renseignements à son propos lors de l'entretien qui avait d'ores et déjà débuté, je la sentis soudain intéressée. Ne comprenant pas ce qui pouvait générer chez elle ce sentiment je levais légèrement les yeux pour m'apercevoir que la collection littéraire qui s'entassait sur la grande bibliothèque qui trônait dans mon bureau l'impressionnait et qu'elle était presque prête à se crocher la tête des épaules pour l'un d'entre eux. *Dommage que je ne sache point lequel, cela m'en aurait sans nul doute appris beaucoup* me disais-je.

Lorsque je décidais de entammer la conversation tout en lui tendant une poignée de main amicale, elle me répondit avec politesse :

- C’est donc vous la psychologue du lycée…enchantée. Oui, je suis bien Coralie Trem. J’ai reçu votre convocation dans la matinée…

A peine sa peau eut-elle frôlée la miene que je ne pus m'empêcher de lire en elle de l'inquiétude. Tout d'abord me surprenant, celle-ci devînt compréhensible quand je la vis discrètement frotter ses mains pour retrouver de la chaleur dès qu'elle m'eut lâchée. Malgré ce petit désagrément, je m'affairais à garder un sourire tout à fait magnifique sur les lèvres pour qu'elle soit rassurée : son regard était en effet interrogateur et son esprit s'agitait alors que je désirais justement le contraire.

- Asseyez-vous donc mademoiselle, dis-je en désignant de la main les deux chaises placées devant mon bureau.

Je passais donc de l'autre côté de mon bureau et m'installais à mon tour. Regardant vaguement les dossiers qui m'avaient été confiés à propos de la scolarité de la demoiselle qui me faisait face, je décidais de les ignorer et d'après à la connaître sans tenir compte des maigres informations dénuées d'âme couchées sur ces quelques pages. Les laissant à l'abandon sur le sous-main, je la regardais un instant avant de lui demander d'une voix douce :

- Plutôt que de me référer à ce que ces dossiers disent de vous, j'aimerais entendre votre vie de votre voix si cela ne vous gêne pas. Après tout ces feuilles ne sont que le reflet de ce que les personnes qui les ont écrites pensaient de vous, et non ce que vous êtes réellement.

Par ce stratagème, j'espèrais apprendre beaucoup d'elle. Rien que de sentir en elle des changements émotifs m'aideraient à percevoir les éléments de sa vie qui la marquaient, de connaître ses désirs, ses peurs,...tout ce qui faisait d'elle cette jeune fille timide qui osait à peine débuter son récit.


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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Mer 12 Jan - 17:55

Je n’eus pas à attendre longtemps avant que la psychologue ne réponde à mon regard interrogateur. Elle me répondit donc :


-Asseyez-vous donc mademoiselle


Tout en prononçant sa phrase, elle me montra deux chaises placées devant son bureau. Sans discuter je m’exécutai. En m’asseyant j’eus le temps d’apercevoir un amas de feuilles…je pus apercevoir mon nom sur plusieurs d’entre elles, elles étaient alors à mon sujet. Cette femme semblait d’ores et déjà posséder des informations sur moi. Je fronçai légèrement les sourcils lorsqu’elle déclara d’une voix qui se voulait tendre doublée d’un sourire délicat :


- Plutôt que de me référer à ce que ces dossiers disent de vous, j'aimerais entendre votre vie de votre voix si cela ne vous gêne pas. Après tout ces feuilles ne sont que le reflet de ce que les personnes qui les ont écrites pensaient de vous, et non ce que vous êtes réellement.


Je restais confuse. Je m’interrogeai alors sur la nature de ces dossiers…pourtant à par des dossiers traçant mon cursus scolaire je ne voyais pas de quels autres types de documents elle pouvait avoir affaire. Je me faisais sûrement des idées. En attendant, mon visage était figé en pleine réflexion. Ainsi, elle voulait que je lui dévoile ma vie. Seulement je n’avais aucune idée de par où commencer et je ne voyais surtout pas quoi raconter. Que pouvais-je lui dire ? Le fait qu’elle me demande de lui raconter ma vie comme ça, alors que moi je ne la connaissais pas…J’avais presque envie de lui répondre que je n’acceptais de lui raconter ma vie que si elle en faisait de même…mais encore une fois, ça n’aurait servit à rien et n’aurait été qu’insolence. De plus, tel était son travail. Je me penchai légèrement en arrière de ma chaise de façon à être légèrement en retrait par rapport à la psychologue. Le fait de réfléchir sur quel élément de ma vie ou de moi-même je pouvais épiloguer m'occupait l'esprit. Je tentais alors d’improviser quelque chose mais je n’étais qu’hésitation. Je me sentais vraiment ridicule. Mais de toute façon, que j’en parle ou non, qu’est-ce que cela pouvait bien changer. Si seulement j’arrivais à me confier sans complexe…si seulement. Moi, qui me considérais comme une imperfection vivante. Je tentai de faire la part des choses…

_Je suis une parfaite imperfection…pourtant l’idée de stéréotype me révulse et il ne sert qu’à surdimensionné l'égo de certaines personnes et à aplatir ceux qui ne leur ressemble pas.

Quand je levai les yeux vers Mademoiselle D’Amboisie, je m’étais rendu compte avec effroi que j’avais pensé à voix haute et que ce que j’avais dit était totalement hors sujet. J’avais pour habitude de pensé à voix haute lorsque j’étais seule mais là ce n’était pas le cas. Un climat assez étrange régnait dans la pièce, un climat tel que je m’étais littéralement abandonnée à mes songes. Toute cette ambiance propre à la psychologie me faisait vraiment plonger dans mes pensées, plus que je ne l’aurais souhaité. Si je disais tout ce qui me passais par la tête, je n’aurais jamais finit. Et pourtant j’en mourrais d’envie, de parler comme j’en avais envie, de ne pas me soucier de ce que l’on pense, me faire vraiment plaisir. Je nourrissais encore des désirs inconnus et secrets mais je me refusais de les accepter. Un part de moi avait envie de s’exprimer, l’autre voulait me freiner autant que possible. Tentant tant bien que mal de reprendre mes esprits, je déclarai à l’attention de la psychologue :

_Désolée…je…je dois être fatiguée…j’en sais rien…

*Il y a quelque chose de bizarre…ici…* pensais-je en faisant attention à ne pas laisser sortir de ma bouche cette pensée. Marquant une petite pause, mon regard se replongea dans le vide.

_Désolée…hum…vous…vous pouvez me donner un point de départ… ? Parce que là je…je ne vois vraiment pas par quoi je peux commencer.


Ma voix était encore hésitante, les émotions se bousculaient comme à mon habitude, mais là, elles me perturbaient plus que d’habitude. Je ne ressentais jamais un sentiment à la fois. J’étais à moi seul une farandole d’émotion qui pourtant vu de l’extérieur semblait ne pas exister. Maintenant, mademoiselle d’Amboisie devait vraiment me trouver bizarre…peut-être même que je commençai à l'ennuyer...mais j'espérais de tout cœur que tel n'était pas le cas. Je me trouvai vraiment d’une incompétence à toute épreuve ce soir…Inquiète et à la fois confuse, j’attendais la réponse de la psychologue.
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Mar 18 Jan - 1:56

Apparemment ma demande l'avait prise au dépourvu. Quelque peu perdue, ne sachant sans doute que répondre, son regard glissait alternativement sur les dossiers posés sur mon bureau et moi-même. *Tiraillée entre l'incompréhension et la réflexion* pensais-je en sentant ses émotions m'envahir. Elle réagissait avec beaucoup plus de nervosité et d'angoisse que la plupart des patients que je voyais habituellement, j'en déduisais que soit elle désirait me cacher quelque chose, soit qu'au contraire elle ne savait par où commencer.

Une longue minute passa ainsi dans le silence le plus total : ses yeux cherchant dans le vide un début de réponse tandis que les miens observaient avec bienveillance ses traits changeants. Dans la profession de psychologue, j'avais toujours aimé analyser le visage des patients : le langage corporel qu'ils exprimaient par celui-ci était toujours si révélateur. Bien sûr, je n'avais nul besoin de cette science pour deviner les sentiments les plus profonds des personnes face à moi, mais je me plaisais tout de même toujours à exploiter les notions que j'avais apprises à l'université. Ce jeu était bien puérile et inutile, mais au moins il me donnait l'impression d'être "normale" : de parler, d'observer et de conseiller comme une véritable psychologue l'aurait fait et non de réagir comme la puissante empathe que j'étais pourtant bel et bien...

Je dus paraître mélancolique durant quelques instants alors que je réalisais une fois de plus à quel point toute mon existence différait de celle des humains. Je leur enviais leur sérénité d'esprit, leur compréhension approximative de l'autre. Cela pouvait sembler ridicule, mais pourtant la douleur des sentiments des personnes qui m'entouraient et qui m'envahissaient chaque seconde de ma vie depuis que j'avais été transformée s'était dès les premiers instants révélé être pour moi un calvaire. Sentir leurs souffrances, leurs peurs, leurs doutes, leurs angoisses, tout cela m'était insupportable alors que j'étais pourtant condamnée à le subir chaque jour de mon éternité.

Fermant les paupières durant une petite seconde, je me reconcentrai sur le présent et l'entretien que j'étais en train d'avoir avec la lycéenne. Il fallait que je me reprenne, ayant maintenant pris conscience que toutes ces divagations de mon esprit n'étatent dues qu'à la nervosité évidentes de la jeune Coralie Trem.

C'est alors que sans que je m'y attendes, elle dit :

- Je suis une parfaite imperfection…pourtant l’idée de stéréotype me révulse et il ne sert qu’à surdimensionner l'égo de certaines personnes et à aplatir ceux qui ne leur ressemble pas.

Un sourire se posa alors sur mes lèvres. Sa conception d'elle-même était intéressante et cette surprise mêlée d'embarassement qu'elle ressentait à présent l'était encore davantage. Levant ses yeux vers moi, je la sentis qui m'interrogeait du regard, encore incrédule de ce qui semblait être pour elle une pensée divulguée à voix haute. Gênée et à la fois heureuse, des émotions contradictoires semblaient mener une lutte sans merci en elle : deux personnalités dont le but était sans aucun doute le même, la soulager de ses lourds songes, mais dont les manières d'y parvenir étaient totalement opposées.

_Désolée…je…je dois être fatiguée…j’en sais rien…

Sa façon de se reprendre alors confirma ma déduction née de mon don d'empathie : elle essayait à présent de fuir ce qu'une partie d'elle avait révélé. Pourtant, une petite voix me disait que parler ouvertement lui ferait du bien...surtout à elle qui devait se sentir bien seule depuis son arrivée dans la bien trop calme ville de Forks.

_Désolée…hum…vous…vous pouvez me donner un point de départ… ? Parce que là je…je ne vois vraiment pas par quoi je peux commencer.

Décidément, sa fuite des révélations qu'elle m'avait donné était totale alors que celles-ci m'en avait sans nul doute appris beaucoup plus sur elle que tous les éléments avaient constitué notre entretien jusque là. Sans compter que sa voix hésitante, les émotions qui se bousculaient en elle, me accroissaient mon désir d'en savoir davantage bien que je devinais qu'avec elle ce ne serait pas chose aisée. C'est pour cette denière raison que je songeai un instant à utiliser ses émotions contre elle dans une ultime subtilités due à mon pouvoir : cela m'était tellement simplement de prendre leur contrôle pour les pousser à faire certaines choses comme se confier... Toutefois je n'en fis rien, préférant lui laisser la parfaite maîtrise de ses paroles et pensées et apprendre tout simplement à la connaître de manière normale.

- Pourquoi ne pas continuer sur ce que vous avez dit il y a quelques instants ? Une parfaite imperfection... lui demandais-je d'une voix douce, un léger sourire dessiné sur mes lèvres. Cela m'intéresserait de connaître les raisons de cette considération en demi-teinte que vous avez pour vous-même, enfin si vous êtes d'accord pour m'en parler bien sûr.

Dans mes yeux, je devinais qu'une lueur venait sans doute de s'allumer : cette étincelle qui définissait pour moi les personnes rares, celles qui savent encore voir le monde sans oeillères et le décrive sans faux semblant...


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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Jeu 20 Jan - 19:46

Encore confuse de mon hors-sujet on ne peut plus flagrant, je ne pût m’empêcher de déceler une expression qui me parût peu rassurante sur le visage d’Eléanore…elle avait eu un petit sourire en coin dès que j’eus prononcer mon hors-sujet et malgré que l’expression de ses traits pouvait paraître neutre, je ne pus m’empêcher de penser qu’elle avait une idée derrière la tête…une idée qui ne m’inspirait pas confiance. Puis sa petite expression espiègle disparue pour laisser place à un sourire naturel. De sa voix douce elle s’adressa à moi :

- Pourquoi ne pas continuer sur ce que vous avez dit il y a quelques instants ? Une parfaite imperfection...


Ca alors, elle s’intéressait à mon petit dérapage apparemment…elle ajouta ensuite :

- Cela m'intéresserait de connaître les raisons de cette considération en demi-teinte que vous avez pour vous-même, enfin si vous êtes d'accord pour m'en parler bien sûr.



Génial…me voila maintenant prédestinée à épiloguer sur ma façon de penser. Je n’étais pas très enchantée à l’idée de dévoiler l’étendue de mon esprit à une personne dont je ne connais strictement rien mais un éclat dans ses yeux me motiva. Comme si elle s’intéressait soudainement particulièrement à moi, comme si, j’avais éveillée sa curiosité et qu’elle me considérait différemment à présent. Estime ou bien simple curiosité ? Je ne savais pas encore quoi en penser. Je reparti dans mes songes en pesant le pour et le contre de me livrer…après tout c’était son travail, et puis cela ne signifiait rien, n’était-elle pas tenue au secret professionnel après tout ? Et puis pour une fois que je pouvais parler…tant pis, je dirais ce qu’il me passerait par la tête. Toutefois, j’eu d’abord un mouvement de retrait, ma timidité maladive me faisait encore défaut mais cette fois, c’est le côté impulsive qui cognait en moi et qui voulait s’exprimer. J’étais fatiguée de lutter en permanence contre ce que j’avais vraiment envie de faire et de toujours vouloir tout contrôler…ceci-dit, la sensation de perdre ce contrôle me faisait peur…oh et puis zut ! Au pire si je dis des sottises je n’aurais qu’à prétexter la fatigue… n’y tenant donc plus, j’eus un sourire en coin, elle allait sans doute me prendre pour une folle…une adolescente complètement dérangée, bonne pour la cure et la camisole. Mais une part de moi-même osait encore espérer la possibilité qu’elle comprendrait mes dires, je me lançai donc naturellement à prononcer mes pensées à voix haute :

_ Oui, y a pas plus vrai que ça, je suis une parfaite imperfection…une ratée, inutile, insignifiante…une parfaite imperfection. Je suis la spécialiste des faux pas et depuis l’enfance, je me sens à part. Mes idées diffèrent de celles des autres…je suis d’une maladresse à toute épreuve et je me sens perdue en permanence, me demandant sans cesse si je joue un rôle ou non puisque je ne suis pas en mesure de dire qui je suis vraiment…je me cherche encore mais je crois décidément que c’est une quête vaine perdue d’avance. Je ne suis pas un idéal…loin de là…très…très…très loin de là.

Soudain, je vins à penser aux origines qui m’avaient construite, à la raison même par laquelle mon « traumatisme d’infériorité » s’était purgé. La source, je la savais, il y avait ma façon de penser aussi mais il n’y avait pas que ça. Une rage m’envahit et je repris la parole les yeux perdus dans le vide :

_ Je ne suis pas un stéréotype…non…je les déteste. Ce ne sont que des rêves d’idéals, tout le monde veux leur ressembler mais ils n’existent pas au fond. Tout le monde essaye de leur ressembler pour la simple et bonne raison que se sont « les modèles », comme si les personnes aimait toujours le même type…j’aurais aimé savoir qu’elle était son stéréotype vis-à-vis de moi…mon père...j’aurais aimer savoir à quoi il s’attendait, à qu’elle genre de fille il rêvait d’avoir. Sans doute une fille superbement belle et intelligente. Une scientifique dans l’âme qui serait fascinée par ses recherches et par les sciences…mais il n’a obtenue que moi…rien de plus qu’une fille banale qui préfère se pencher vers des activités plus artistiques. Une fille pleine de défauts qui à tout à envier chez les autres. Moi-même je ne parviens pas à me déchiffrer. Mais je suis moi que ça lui plaise ou pas…je refuse de porter un masque.


Se rendant compte que je m’emportais dans des paroles sûrement sans queue ni tête, mon côté cérébrale me rattrapa et m’arracha un sursaut. En reprenant mes esprits mes yeux se posèrent sur la psychologue, n’attendant aucune réaction de sa part, je continuai à dire le maximum jusqu’à ce que mon côté cérébrale redevienne trop imposant et me force à me taire :

_ Je ne suis rien…j’ai des qualités c’est vrai…mais tellement de défauts…c’est vrai, si je m’en allais…à part ma mère…qui s’en inquièterait….moi, timide et réservée et qui en cachant sa sensibilité derrière une froideur sans égale se fait passer pour ce que je ne suis pas. Regardez les autres adolescentes de mon âges, vous en connaissez beaucoup qui ne sont pas déjà sortis avec un mec ? Moi je ne suis jamais sorti avec un mec et je n’ai aucune expérience dans le domaine, je n’intéresse personne et j’ai trop peu confiance en moi pour croire que cela puisse arriver un jour…qui pourrait aimer quelqu’un comme moi ? Hein ?

Là, j’avais été trop loin, ma raison me rappela comme une alarme violente, comme un coup de massue sur la tête. Mes yeux recommençait à divaguer d’un point à l’autre. Je me repassais ce que j’avais dit dans ma tête…ma parole…j’avais même sorti le complexe du petit ami ! Là franchement je me sentais ridicule et franchement mal à l’aise, je pris ma tête dans ma main droite en attendant avec inquiétude une quelconque réaction de la part de la psychologue…
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Jeu 3 Fév - 23:37

Le flot ininterrompu de sentiments qui traversèrent l'âme de la jeune fille suite à mes paroles furent des plus complexes. Depuis bien longtemps je n'avais plus rencontré de personne aussi expressive, du moins intérieurement, car à la voir jamais un psychologue n'aurait pu comprendre la profondeur des émotions qui l'animaient. Tantôt impatiente, tantôt peureuse de se dévoiler, elle passait par une gamme si vaste que j'avais l'impression de m'y perdre : telle Ariane dans le labyrinthe du minotaure, j'avançais prudemment dans son esprit en en explorant toutes les nuances qui la caractérisaient sans toutefois m'y perdre... Mon don empathie aurait en effet pu me laisser à la dérive dans cet océan de sentiments, dont les vagues et les courants contraires auraient pu m'engloutir tout entière dans tout en elle était à la fois vif et contenu.

Tout à coup, elle se décida enfin à parler le sortant un instant de son esprit si complexe m'offrant ainsi quelque seconde de répit :

- Oui, y a pas plus vrai que ça, je suis une parfaite imperfection…une ratée, inutile, insignifiante…une parfaite imperfection. Je suis la spécialiste des faux pas et depuis l’enfance, je me sens à part. Mes idées diffèrent de celles des autres…je suis d’une maladresse à toute épreuve et je me sens perdue en permanence, me demandant sans cesse si je joue un rôle ou non puisque je ne suis pas en mesure de dire qui je suis vraiment…je me cherche encore mais je crois décidément que c’est une quête vaine perdue d’avance. Je ne suis pas un idéal…loin de là…très…très…très loin de là.

visiblement, cette jeune fille n'avait pas d'une bonne perception d'elle-même. Elle était aussi forte que fragile, aussi dure que compréhensive, aussi banale qu'unique. Elle semblait s'être forgée une idée préfaite d'elle-même, se voyant comme quelqu'un dont le monde aurait bien pu se passer tant elle se croyait imparfaite. À cette pensée, je ne souriais en affichant une mine un peu amère : *personne n'est parfait, ce n'est pas moi qui viendrai lui dire le contraire au vue de ma nature*. Elle cherchait apparemment un but, une raison de vivre, quelque chose qui la pousserait à être meilleure alors qu'en écoutant son cœur, ses émotions, elle aurait sans doute compris à quel point elle s'était déjà trouvée. Mais l'adolescence étant ce qu'il est, moment de doute et de recherche de soi-même, elle en était arrivée à un stade où plus que jamais elle se sentait seule, inférieure : mais après tout n'était-ce pas le lot de toutes les jeunes filles de son âge, voire même de toutes les personnes différentes ?


Ses yeux semblant contempler un objet invisible, une colère en elle montait progressivement. Je devine aisément qu'elle devait penser à une personne, un événement, quelque chose qui dans sa vie avait provoqué ce malaise qu'il habitait et semblait la rendre vulnérable en tous points. Muette, j'attendais patiemment qu’elle ose se dévoiler un peu plus à moi : cela faisait bien longtemps que je n'avais pas eu d'entretien aussi poignant, quelque chose en elle me plaisait et m'effrayait mais en cet instant je n'aurais su dire quoi... Alors que je commençai moi-même à fondre sous le poids de mes réflexions, une rage, une haine que je n'avais encore jamais sentie en elle vînt la saisir tandis qu'elle recommençait :

- Je ne suis pas un stéréotype…non…je les déteste. Ce ne sont que des rêves d’idéals, tout le monde veux leur ressembler mais ils n’existent pas au fond. Tout le monde essaye de leur ressembler pour la simple et bonne raison que se sont « les modèles », comme si les personnes aimait toujours le même type…j’aurais aimé savoir qu’elle était son stéréotype vis-à-vis de moi…mon père...j’aurais aimer savoir à quoi il s’attendait, à qu’elle genre de fille il rêvait d’avoir. Sans doute une fille superbement belle et intelligente. Une scientifique dans l’âme qui serait fascinée par ses recherches et par les sciences…mais il n’a obtenue que moi…rien de plus qu’une fille banale qui préfère se pencher vers des activités plus artistiques. Une fille pleine de défauts qui à tout à envier chez les autres. Moi-même je ne parviens pas à me déchiffrer. Mais je suis moi que ça lui plaise ou pas…je refuse de porter un masque.

Son père... À croire qu'aujourd'hui encore, dans ce siècle pourtant de modernité, les parents pouvaient continuer à faire souffrir leurs enfants et plus encore dans le cas de Coralie, la détruire tant et si bien que sa quête d'identité lui paraissait impossible. Pestant intérieurement qu'elle n'ait pas plus de soutien dans sa sphère familiale, mon empathie se faisait de plus en plus présente au point même de m'interroger sur ce qui en elle m'interpellait tant. À sa dernière phrase je compris enfin ce qui me touchait dans son discours : elle souffrait, elle pleurait qu'une des personnes les plus importantes de sa vie ne l'aime pas comme elle l'aimait, qu'il ne l'accepte pas comme elle était... Mes lèvres se pincèrent légèrement : j'avais été comme elle à une époque, à 1000 lieux des espérances et des attentes de ceux qui m'avaient enfanté et pour lesquels je n'étais devenue qu'un objet source d'une déception immense.

Posant un regard doux et compatissant sur Coralie, cette jeune fille qui n'avait rien fait pour mériter tel traitement, je me rappelais non sans peine la force de caractère qu'il m'avait fallu pour m'en sortir, pour construire mon propre idéal et enfin aller de l'avant. À cette pensée, je souris : de mon vivant, je n'avais jamais réellement réussi à Lille avant j'avais subi et gardé en moi la rancoeur qui me permettait de ne pas sombrer en gardant espoir... Seule la transformation m'avait sauvée et permis de renaître avec la pleine liberté et un désir de n'affirmer telle que j'étais sans plus craindre les jugements portés à mon égard.

Mais mon siècle était bien différent du sien... Et je savais qu'en se battant, en prenant confiance en elle, elle pourrait devenir la plus belle des roses… Une rose que j'aurais pu moi-même devenir dans ma jeunesse si les malheurs de la vie n'avaient pas frappé mon destin. Je baissai légèrement les yeux, nostalgique, avant de me reprendre en songeant que la jeune fille qui se trouvait en face de moi me ressemblait plus que je n'avais pu le penser de prime abord : je venais inconsciemment de me fixer un but, celui de l'amener à aimer celle qu'elle était et non celle que les autres auraient aimée qu'elle soit.

Un sursaut à la fin de ses paroles vint briser son déterminisme et sa colère, même si son désir de se confier continua à poser des mots sur ces maux :

- Je ne suis rien…j’ai des qualités c’est vrai…mais tellement de défauts…c’est vrai, si je m’en allais…à part ma mère…qui s’en inquièterait….moi, timide et réservée et qui en cachant sa sensibilité derrière une froideur sans égale se fait passer pour ce que je ne suis pas. Regardez les autres adolescentes de mon âges, vous en connaissez beaucoup qui ne sont pas déjà sortis avec un mec ? Moi je ne suis jamais sorti avec un mec et je n’ai aucune expérience dans le domaine, je n’intéresse personne et j’ai trop peu confiance en moi pour croire que cela puisse arriver un jour…qui pourrait aimer quelqu’un comme moi ? Hein ?

À présent, un pincement déchiré mon cœur dans son sentiment d'infériorité était fort. Jamais je n'aurais pu penser qu'une jeune fille de son âge puisse croire que le monde irait mieux sans elle, qu'elle ne méritait pas d'être ici, j'ai été insignifiante. De n'être qu'une âme errante parmi les esprits qu'elle croyait plus éclairer que le sien. Cette souffrance qui semblait la faire tressaillir, cette solitude qui la dévorait au point de n'estimer qu'elle ne pouvait n'intéresser personne, faisait vaciller ma conscience dans ses émotions étaient dures et commençait à m'entraîner son pessimisme. Je commence à me perdre alors que sa dernière question, troublante conclusion, venait de sonner la fin de ses confidences. Apeurée, ses yeux glissaient dans tous les coins de la pièce cherchant quelque chose auquel se raccrocher tandis que je reprenais le dessus sur ses sentiments.

Elle changea légèrement de position lorsque mes lèvres s'entrouvrirent dans un essai de la réconforter quelque peu :

- Votre jugement de vous-même est bien dur, pour une jeune demoiselle c'est bien rare d'avoir un avis si tranché de sa personne... La vie est bien cruelle parfois je vous l'accorde entièrement, mais même si nous n'en sommes pas toujours convaincus nous avons tous un rôle à jouer ici bas, lui dis-je en souriant. Votre solitude semble être ce qui vous enchaîne dans l'idée négative que vous avez bâti sur vous-même, le fait d'être arrivée dans une nouvelle ville pourrait vous permettre de repartir à zéro sur tous les plans...

Je lui proposais de l'aide, implicitement certes mais j'espérais qu'elle saisirait la main que je lui tendais et qu'elle parviendrait à changer de regard :

- Apparemment vous nourrissez une grande rancoeur à l'encontre de votre père, ai-je tort ? Les attentes des gens que nous aimons sont toujours les plus difficiles à combler surtout quand elles ne correspondent pas aux nôtres, dis-je en repensant à ma propre expérience. Je comprends tout à fait le mal que cela peut vous faire car nous sommes tous différents et nous avons nos désirs propres bien que souvent les espoirs que nos parents nourrissent pour nous ne soient pas les mêmes... Ce déménagement qui vous a amené dans notre petite ville serait-ce le résultat du travail de votre père ?

M'arrêtant là, j'attendais patiemment en affichant un fin sourire qu'elle réponde à mes semi-interrogations, tout en contemplant son visage plein de désarroi. Le fait qu'elle charge tant son père me laissait à dire qu'un événement récent l'avait froissée, peut-être son arrivée à Forks... J'avais envie d'en savoir plus sur elle, de l'aider comme j'aurais voulu qu'on m'aide quand je fus aussi malheureuse et que je dus vivre en me forgeant un masque, un masque qui ne tomba qu'après ma transformation...





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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Lun 7 Fév - 19:52

Peu de temps avant que les paroles de Mademoiselle D’Amboisie viennent me sortir de ma torpeur, je ne pus m’empêcher de remarquer que celle-ci semblait déchirée. Je reconnue son expression comme si c’était la mienne. Je vis dans ces traits comme une certaine familiarité que je ne saurais expliquer. Son expression était telle que j’eus la vive impression que ma douleur était également la sienne. J’avais la sensation qu’elle comprenait tout à fait ce que j’avais voulu exprimer malgré mes paroles confuses, comme si elle avait pût s’imprégner des émotions se bousculant dans mon esprit. Il y avait quelque chose d’anormal avec cette psychologue, quelque chose à la fois chaleureux et…étrange. Ne parvenant pas à mettre de mot sur la chose je là vis poser ses yeux sur moi avec un éclat dans son regard qui se voulait réconfortant. Une expression emplie de chaleur se dessina sur son visage. N’ayant pas vraiment le temps d’interpréter ce changement d’expression, je l’entendis prononcer ces paroles :


- Votre jugement de vous-même est bien dur, pour une jeune demoiselle c'est bien rare d'avoir un avis si tranché de sa personne... La vie est bien cruelle parfois je vous l'accorde entièrement, mais même si nous n'en sommes pas toujours convaincus nous avons tous un rôle à jouer ici bas. Votre solitude semble être ce qui vous enchaîne dans l'idée négative que vous avez bâti sur vous-même, le fait d'être arrivée dans une nouvelle ville pourrait vous permettre de repartir à zéro sur tous les plans...


Elle tentait ainsi de me convaincre que chaque âme peuplant cette Terre avait une raison d’y être. Mais à ce compte là je me demandais quel pouvait bien être mon but. Elle avait soulevé une perspective intéressante, le fait de profiter de mon arrivée à Forks pour en quelques sortes me reconstruire. J’y avais déjà songé mais je ne voyais aucune raison pour que quoique ce soit change. J’étais d’un pessimiste on ne peut plus décourageant. Mais une lueur d’espoir s’était allumée dans mes yeux, j’avais enfin en face de moi une personne apte à comprendre ma psychologie que je jugeais si complexe et chaotique. Je vis dans son sourire un certain encouragement et une aide qu’elle semblait déterminée à m’amener. Je sentais dans ces yeux non pas de la pitié mais bien de la compassion pure. Je pouvais sentir presque de l’estime à mon égard. Une telle perspective me donnait un souffle nouveau. Un déclic s’était produit dans mon esprit, je ne voyais plus cette femme comme une psychologue mais bien comme un véritable espoir, une solution. Je me redressai en me penchant légèrement en avant. Un lien étrange était en train de se tisser, je ne saurais encore mettre un mot dessus. C’est donc d’un air réfléchie et particulièrement attentive que j’écoutai la suite de ses paroles :


- Apparemment vous nourrissez une grande rancoeur à l'encontre de votre père, ai-je tort ? Les attentes des gens que nous aimons sont toujours les plus difficiles à combler surtout quand elles ne correspondent pas aux nôtres. Je comprends tout à fait le mal que cela peut vous faire car nous sommes tous différents et nous avons nos désirs propres bien que souvent les espoirs que nos parents nourrissent pour nous ne soient pas les mêmes... Ce déménagement qui vous a amené dans notre petite ville serait-ce le résultat du travail de votre père ?


J’inspirai profondément, je ne savais pas comment elle faisait, mais elle semblait ouvrir les portes de mon esprit que j’avais fermé depuis tout ce temps avec une facilité déconcertante. J’ignorais cependant à quel point cet exercice était éprouvant pour Mademoiselle D’Amboisie, pensant simplement que j’avais à faire avec une spécialiste de l’esprit surdouée. Néanmoins j’essayais de garder une position de réserve, je voulais bien qu’elle comprenne que je n’ouvrais pas ses portes à tout le monde, c’était même la première fois que je les laissais s’évader ainsi. Mais la tentation était trop forte, alors que j’avais trouvé une personne telle que Mademoiselle D’Amboisie et pour qui j’avais la conviction profonde qu’elle saurait parfaitement me cerner mieux que je ne l’aurais fait…non, je n’allais pas me taire cette fois. Pas maintenant alors que j’avais enfin l’occasion éphémère d’alléger l’enclume qui pesait en permanence sur moi, ce poids encore et toujours alourdie par le fardeau du silence. N’y tenant plus, mon regard fixait attentivement celui de « mon espoir », je déclarai une fois encore les premiers mots qui me vinrent à l’esprit :

« Rancœur ? Le mot est faible à vrai dire. Ma rage à son égard…ce n’est pas uniquement par rapport à moi. Moi, il m’ignore mais j’ai appris à m’habituer à son absence…grâce à ma mère. Elle me donne tout l’amour qu’un être est capable d’offrir, c’est grâce à elle si j’ai un tant soit peu d’importance. Je l’aime…de tout me cœur. Alors vraiment ce qui me met en rage…c’est qu’elle ait tout quitté pour lui. Ses passions, son pays, tout ! Vous savez, elle aime beaucoup les domaines artistiques…comme moi…mais…à cause de mon père elle à tout laisser tomber tant elle l’aime. Et aujourd’hui mon père est rongé par son travail et ne lui prête quasiment aucune attention…ma mère donne sans compter et l’aime sans condition et lui il lui rend si peu…il est tout le temps absent et ne lui montre pas une once d’attachement. C’est ça qui ravive ma colère…le fait qu’il la traite ainsi. Moi maintenant je n’attends plus rien d’un père, j’ai appris à vivre sans, grâce à elle. Grâce à tout ce qu’elle me donne. »


Je marquai une pause, mesurant le poids de mes paroles. Au moment où j’avais parlé de ma mère, mon regard s’était adouci, rien que le fait de penser à cet être si cher à mon cœur me faisait sourire. Mais la rage revenait de plus belle dès que j’eus mentionné mon père. Je passais de la rage sans fail envers mon père à l’admiration et la douceur sans mesure que j’éprouvais pour ma mère en à peine une fraction de seconde. Ma tête bougeait au rythme de mes paroles, mes mains se crispant dès que cette colère noire due au fait de penser à mon géniteur se manifestait. Même en regardant dans le vague, je savais que j’avais un regard on ne peut plus noir et rongé par la fureur. Je pris quelques secondes pour tenter de me canaliser, fermant les yeux quelques secondes pour mieux me concentrer sur mes réponses. Dès que j’eus rouvert les yeux et retrouvé un tant soit peu d’équilibre, sans la moindre transition j’enchainai pour répondre à la seconde interrogation de Mademoiselle D’Amboisie :


« Pour répondre à votre seconde question…et bien…oui…mon père est un scientifique…reconnu d’ailleurs. Mike Trem. Peut-être que ça vous dit quelque chose…à la base il habitait aux Etats-Unis mais il est partit faire ses études en France et c’est là d’ailleurs qu’il a rencontré ma mère. On avait l’habitude des déménagements…au moins tous les deux ans…mais cette fois il a été rappelé à son pays natal. Ma mère et moi avons due nous adaptez en conséquences une fois de plus. Mais j’avoue qu’il ne nous a pas vraiment demandé notre avis…pour lui, accepter le fait de revenir pour des recherches qu’il juge d’une importance des plus prestigieuses était une évidence. Qu’importe les conséquences que ses choix puissent avoir sur nous…Mais cette fois ses recherches semblent tellement importantes qu’il a décidé que se déménagement serait le dernier. Et j’espère qu’il tiendra sa promesse cette fois… »


J’avais finit de répondre les bras croisés et légèrement courbée. J’avais été catégorique dans mes réponses, je n’avais pas voulu y aller par quatre chemins. Mon regard étant une nouvelle fois perdu dans le vide je regardai avec espoir mademoiselle d’Amboisie. Je me sentais en confiance et convaincue du fait qu’elle comprenait parfaitement mes dires. C’est donc avec une certaine impatience mais non sans me contenir que j’observai sa réaction…
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Sam 26 Fév - 18:51

A peine eus-je terminé mes paroles de réconfort que je la vis inspirer fortement. A en analyser ses émotions, je remarquai que cela était davantage dû à de la stupéfaction que de l'agacement : soulagée, je la contemplai un instant en silence en tentant de m'imicer plus profondément dans son esprit pour la comprendre davantage et ainsi pouvoir l'aider du mieux possible.

En effet, nos histoires de jeunesse se faisant écho je désirai pouvoir lui apporter un secours ou, au moins, une oreille attentive qui lui permettrait de se confier ce qui visiblement était chose rare pour elle. Intérieurement, je me repassai ma vie pré-vampirique où mon esprit était mon seul refuge face à la prison dorée qu'avaient progressivement construitemes parents autour de moi. Les époques étaient différentes, les raisons de nos tourments également mais malgré cela je me sentais étrangement proche d'elle : souffrir par la faute des attentes trop pressantes de la part des personnes que nous chérissons me rappelant bien trop ma propre expérience, je ne pouvais me sentir que proche d'elle et cela sans doute bien plus que je ne l'aurais voulu à vrai dire...

Un peu gênée de ses pensées qui me prouvaient la place qu'était en train de prendre cette jeune fille dans mes réflexions, je me reconcentrai alors sur elle et ses ressentis pour continuer notre entretien dans de bonnes conditions. Des sentiments contraires l'animaient, tiraillée entre le désir de se libérer de ses angoisses et douleurs mais aussi celui de rester sur sa réserve sans doute pour me prouver sa complexité. J'observai donc avec attention cette lutte acharnée que se livraient ses deux Moi et en attendait le dénouement avec intérêt.

Tout à coup, l'envie d'alléger son coeur emplit de chagrin fut la plus grande. C'est alors qu'elle commença à répondre à ma première interrogation avec intensité et conviction :

- Rancœur ? Le mot est faible à vrai dire. Ma rage à son égard…ce n’est pas uniquement par rapport à moi. Moi, il m’ignore mais j’ai appris à m’habituer à son absence…grâce à ma mère. Elle me donne tout l’amour qu’un être est capable d’offrir, c’est grâce à elle si j’ai un tant soit peu d’importance. Je l’aime…de tout me cœur. Alors vraiment ce qui me met en rage…c’est qu’elle ait tout quitté pour lui. Ses passions, son pays, tout ! Vous savez, elle aime beaucoup les domaines artistiques…comme moi…mais…à cause de mon père elle à tout laisser tomber tant elle l’aime. Et aujourd’hui mon père est rongé par son travail et ne lui prête quasiment aucune attention…ma mère donne sans compter et l’aime sans condition et lui il lui rend si peu…il est tout le temps absent et ne lui montre pas une once d’attachement. C’est ça qui ravive ma colère…le fait qu’il la traite ainsi. Moi maintenant je n’attends plus rien d’un père, j’ai appris à vivre sans, grâce à elle. Grâce à tout ce qu’elle me donne.

Dès qu'elle prononça le premier mot de sa tirade, une colère sans borne vînt s'emparer de moi sans préavis. Visiblement, la blessure qui provoquait cette détresse qu'on pouvait lire dans ses yeux était plus vive que je ne l'aurais cru... Subissant cette haine qui la parcourait, je tentais de ne rien montrer à ce propos tandis qu'un soupçon d'amour vînt s'y mêler. Surprise, je plongeai mon regard dans le sien tout en écoutant patiemment son récit : là, je découvrai que plus que sa perte d'estime de soi, elle portait un autre poids bien trop lourd... La tristesse de sa mère qu'elle aimait de tout son coeur.

Cela me rassura néanmoins quelque peu : le fait qu'elle se sente si liée à sa mère était une bonne chose même si elle lui apportait du souci. En effet, le fait qu'elle ressente cet amour extrême me montrait qu'elle n'était pas seule comme je l'avais été pour affronter mon malheur... Songeuse, mon passé me revenait en mémoire et avec lui mes hypothèses de ce qu'aurait été mon existence si ma mère m'avait épaulé, si elle avait été moins avare que mon père et m'aurait soutenue : si moi aussi j'avais eu quelqu'un sur qui compter. C'est alors que le fantôme de Catherine vînt hanter mes pensées, elle avait bien été la seule mère que j'eus un jour, elle me berça de sa tendresse et de sa compassion avant de m'offrir une nouvelle existence en convaicant Nathaniel de me transformer. C'est grâce à cette femme, cette immortelle, ma mère adoptive, que j'étais là aujourd'hui et que j'allais pouvoir tendre la main à cette jeune fille.

Me resaisissant ainsi grâce à ces réflexions postives, je me dis qu'il serait positif pour Coralie d'apprendre à compter davantage sur sa mère et d'essayer de parler à son père non pas du mal qu'il lui faisait à elle mais de celui qu'il faisait à sa mère. J'étais désormais certaine que si les choses s'amélioraient entre ses parents alors la vision de Coralie sur elle-même changerait également et lui permettrait d'aller de l'avant : de s'occuper d'elle plutôt que de s'inquiéter pour les autres. Son altruisme était une des sources de son mal-être, j'en étais convaincue.

Mais tandis que j'étais en train de terminer mes déductions, je dus crisper mes mains sous l'effet d'une colère noire qui recommença à monter en moi quand Coralie reprit la parole pour répondre à ma seconde interrogation :

- Pour répondre à votre seconde question…et bien…oui…mon père est un scientifique…reconnu d’ailleurs. Mike Trem. Peut-être que ça vous dit quelque chose…à la base il habitait aux Etats-Unis mais il est partit faire ses études en France et c’est là d’ailleurs qu’il a rencontré ma mère. On avait l’habitude des déménagements…au moins tous les deux ans…mais cette fois il a été rappelé à son pays natal. Ma mère et moi avons due nous adaptez en conséquences une fois de plus. Mais j’avoue qu’il ne nous a pas vraiment demandé notre avis…pour lui, accepter le fait de revenir pour des recherches qu’il juge d’une importance des plus prestigieuses était une évidence. Qu’importe les conséquences que ses choix puissent avoir sur nous…Mais cette fois ses recherches semblent tellement importantes qu’il a décidé que se déménagement serait le dernier. Et j’espère qu’il tiendra sa promesse cette fois…

Mike Trem... Ce nom me rappelait vaguement un article que j'avais dû lire quand je faisais encore des études il y a une quinzaine d'années, ou peut-être est-ce un professeur qui l'avait mentionné ? Toujours est-il qu'il paraissait revêtir une certaine importance dans la communatée scientifique internationale... Il faudrait que je me renseigne d'ailleurs sur les recherches qu'ils pouvaient bien effectuer dans une ville aussi reculée que Forks...

Malgré ces quelques pensées neutres, je ne pus m'empêcher de remarquer l'animosité continue qu'exprimait la jeune fille. Apparemment le respect de son père pour sa famille était presque inexitant à en croire ses dires. Les obliger à quitter leurs marques, leur pays, leur vie d'avant n'avait que peu d'importance et avait blessé une fois de plus sa fille dont je me doutais à présent qu'elle ne pourrait réussir à lui pardonner ses écarts que s'il daignait ouvrir les yeux sur ses priorités : elle et surtout sa mère.

Quand elle eut enfin fini ses réponses, je la vis quelque peu halletante. Tout cela avait été éprouvant pour elle et elle semblait souffrir profondément alors que son regard déjà se perdait à nouveau dans le vide. Mais tout à coup, une lueur éclaira son regard tandis qu'elle le tourna vers moi : *de l'espoir* ressentai-je avec surprise. Coralie avait donc compris que je pouvais lui venir en aide si elle le désirait, que je la comprenais et ne demandais qu'à pouvoir l'épauler.

Doucement, je commençai :

- Votre père est donc un homme très occupé si je vous comprends bien, si occupé qu'il néglige sa famille... Cela ne doit pas être facile pour vous, ni pour votre mère d'ailleurs. Vous semblez très proche d'elle et cela est sans nul doute votre force car même si cela ne va pas être aisé de vous adapter à la vie américaine n'oubliez jamais qu'elle est là pour vous comme vous êtes là pour elle.

Par ses mots, je tentai de lui montrer qu'elle avait tort de penser que personne ne s'intéressait à elle et qu'elle était une personne à part entière que d'autre aimait de tout leur coeur.

- Votre mère doit être fière d'avoir une fille telle que vous, vous semblez si proche d'elle... Mais croyiez-vous qu'elle serait rassurée de savoir que vous vous inquiétez tant pour elle ? lui demandai-je doucement en esquissant un sourire pour lui montrer que loin d'être un reproche je dressai là un simple constat visant à lui faire prendre conscience de sa trop grande empathie. Se faire du souci pour ceux qui sont chers à notre coeur est naturel mais il ne faut pas pour autant détruire notre propre bonheur et notre propre estime de nous-même lorsque nous avons l'impression de ne pas pouvoir leur venir en aide...

Inspirant profondément pour tenter de donner de l'ampleur à mon discours mais aussi pour lui prouver que j'étais prête à tenter de la comprendre au mieux, je continuais :

- Je pense bien que vous avez déjà parler à votre père du mal qu'il cause à vous et votre mère, mais lui avez-vous parlé du mal-être que vous ressentez d'avoir été brutalement coupée de vos racines en devant le suivre ici ? Peut-être en essayant de saisir les motivations qui l'ont poussé à vous attirer aux Etats-Unis dans cette petite ville perdue qui doit vous paraittre très banale alors réussirez-vous à vous parler avec franchise et avec plus d'impact du reste des problèmes que vous recontrez dans votre relation ?

Je contemplai alors son expression pour tenter de déceller si mes conseils avaient été bien perçus de sa part avant de terminer :

- Votre arrivée ici pourrait d'ailleurs vous permettre de vous extérioser davantage, vous permettre de sortir quelque peu de votre cocon familial et d'essayer justement de sortir vos pensées de ses soucis en rencontrant d'autres personnes. Même si cela ne fera pas disparaitre vos ennuis que vous seule pouvez résoudre et dont je pense qu'une discussion avec vos parents seraient un bon début, vous pourrez au moins constater par vous-même que vous êtes une personne à part entière qui mérite d'avoir une place ici bas...

Souriante, je me voulais rassurante et ouverte. J'espérai seulement qu'elle prendraient mon aide comme ce qu'elle était : la proposition d'une femme qui la trouvait très complexe pour son âge et qui désirait lui permettre de s'épanouir au mieux...




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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Dim 27 Fév - 19:39

J’observai avec la plus grande attention la psychologue. Lorsque j’eus prononcé le nom de mon père j’eus l’impression qu’elle fouillait dans sa mémoire. Je devinai avec un sourire en coin que ce nom ne lui était pas étranger et qu’elle en avait sûrement déjà entendue parler. Je sentis également qu’elle semblait intriguée, j’avais la nette impression qu’elle avait l’intention d’en apprendre plus sur ces recherches. Sa curiosité déclencha la mienne comme un déclic. En effet, depuis notre arrivée, mon père ne nous avait jamais dit l’objet exact de ses recherches. A chaque fois qu’on lui posait la question il restait extrêmement vague dans sa réponse. A vrai dire, son comportement me semblait extrêmement étrange en ce moment. On aurait dit qu’il avait découvert quelque chose qui le terrifiait mais dont il n’était pas tout à fait sûr. Bien décidée à élucider ces mystérieuses recherches je me décidai à mener ma petite enquête…bien que fouiller dans les dossiers de mon père ne m’enchantait pas du tout. Mais j’étais à présent déterminée, lorsque je posais des questions à mon père à ce sujet, ces réponses étant tellement évasives que j’avais presque l’impression que tout ce qu’il me disait n’était que mensonge. J’avais un mauvais pressentiment vis-à-vis de ce que j’aurais pût découvrir en fouillant dans son bureau…je secouai la tête. Ce genre de comportement ne me ressemblait pas et je sentais que je me préparais déjà à faire quelque chose dont je ne serais pas fière. Mais si cela était le seul moyen de cesser les mensonges de mon père, je n’hésiterais pas. En haussant les épaules je tentai de me rassurer *Allons Coralie, te fais pas d’idées…c’est sûrement des dossiers hyper compliqués auxquels tu vas rien comprendre…des trucs de généticiens…sûrement rien de bien important…*. Mais je n’arrivai pas à me convaincre, décidant de laisser cette question en suspens, je sortis de mes songes lorsque mademoiselle d’Amboisie s’adressa à moi d’une manière douce que je trouvais presque affectueuse :

- Votre père est donc un homme très occupé si je vous comprends bien, si occupé qu'il néglige sa famille... Cela ne doit pas être facile pour vous, ni pour votre mère d'ailleurs. Vous semblez très proche d'elle et cela est sans nul doute votre force car même si cela ne va pas être aisé de vous adapter à la vie américaine n'oubliez jamais qu'elle est là pour vous comme vous êtes là pour elle.

Une fois de plus, mademoiselle d’Amboisie avait vu juste me concernant. Encore une fois impressionnée par sa capacité à me comprendre. J’étais assez intriguée lorsqu’elle parlait de ma mère comme « une force ». L’idée de comparer ma mère qui était si fragile, encore plus que moi, à une quelconque force me faisait presque froid dans le dos et m’arracha un frisson bien senti. Ces paroles me donnait déjà envie d’y répondre et de réagir mais par respect je préférais attendre qu’elle ait finit de s’exprimer et je continuai de l’écouter avec attention.

- Votre mère doit être fière d'avoir une fille telle que vous, vous semblez si proche d'elle... Mais croyiez-vous qu'elle serait rassurée de savoir que vous vous inquiétez tant pour elle ?

J’affichai alors un sourire radieux, mademoiselle d’Amboisie avait soulevé ce qui aurait pût être un détail mais qui avait une énorme importance à mes yeux. L’importance que je pouvais avoir pour ma mère. Mais je me courbai en pensant que finalement, j’avais de la chance d’avoir quelqu’un comme elle. C’était sans doute la personne qui m’aimait le plus au monde et sans doute le seul être auprès duquel je pouvais vraiment me réfugier. Mais sa fragilité était telle que je me sentais le devoir de m’occuper d’elle et de ne pas l’inquiéter. Mais l’idée de lui causé du souci me glaçait le sang. Le simple fait de lui causer du traquas déclencha mon inquiétude. Je commençai à me ronger les ongles tandis que je me retenais une fois de plus de parler pour laisser enchaîner mademoiselle d’Amboisie.

- Se faire du souci pour ceux qui sont chers à notre cœur est naturel mais il ne faut pas pour autant détruire notre propre bonheur et notre propre estime de nous même lorsque nous avons l'impression de ne pas pouvoir leur venir en aide...

Je cessai de me mordiller les ongles et je relevai la tête, comme une révélation. Je me reconnu parfaitement dans ces paroles. Je reconnu également ma plus grande peur…gardant toute ces idées pour moi et tentant de les mémoriser pour m’exprimer face aux dires de mademoiselle d’Amboisie. Ignorant qu’elle pouvait s’immiscer dans mon esprit et y saisir la moindre émotion et s’en imprégner, je pensais que mon visage restait muet pour elle alors qu’au contraire je lui livrais toute une panelle d’information me concernant.

- Je pense bien que vous avez déjà parler à votre père du mal qu'il cause à vous et votre mère, mais lui avez-vous parlé du mal-être que vous ressentez d'avoir été brutalement coupée de vos racines en devant le suivre ici ? Peut-être en essayant de saisir les motivations qui l'ont poussé à vous attirer aux Etats-Unis dans cette petite ville perdue qui doit vous paraitre très banale alors réussirez-vous à vous parler avec franchise et avec plus d'impact du reste des problèmes que vous rencontrez dans votre relation ?

J’écoutai avec attention ses conseils avisés. Je sentais bien qu’elle tentait de m’aider du mieux qu’elle pouvait. De plus, je sentais qu’elle avait une expérience de la vie qui pouvait se rapprocher de la mienne…je ne saurais l’expliquer, c’était simplement un ressentit…une intuition…J’avais la conviction profonde que puisqu’elle pouvait me comprendre, je pouvais en faire de même. Mais pour ne pas déborder je me reconcentra sur l’entretient. J’acquiesçais pour lui faire comprendre qu’elle pouvait continuer et elle reprit :

- Votre arrivée ici pourrait d'ailleurs vous permettre de vous extérioser davantage, vous permettre de sortir quelque peu de votre cocon familial et d'essayer justement de sortir vos pensées de ses soucis en rencontrant d'autres personnes. Même si cela ne fera pas disparaitre vos ennuis que vous seule pouvez résoudre et dont je pense qu'une discussion avec vos parents seraient un bon début, vous pourrez au moins constater par vous-même que vous êtes une personne à part entière qui mérite d'avoir une place ici bas...


Je gardais mon air réfléchie. Sentant qu’elle avait finit son discours, je tentais de me rappeler une à une ses bribes de paroles pour réagir à chacune d’elle. Je décidai de répondre sans faux semblants, au contact de mademoiselle d’Amboisie je sentais que je pouvais me livrer sans la moindre retenue. Inspirant profondément je commença à prendre la parole :

« Ma mère est une personne extrêmement fragile que je serais prête à protéger contre vents et marées. J’ai peur pour elle, en permanence. Si je la brusque trop j’ai l’impression de la voir se briser en mille morceaux sous mes yeux…comme du cristal. C’est vrai je m’inquiète beaucoup pour elle mais…je trouve que j’ai énormément de chance d’avoir quelqu’un qui tient autant à moi…ce que je fais pour elle comparée à tout ce qu’elle me donne…ce n’est rien…rien du tout. »


J’avais une nouvelle fois étalé l’affection profonde que j’avais pour ma mère. Mon regard étant reparti dans le vague je repensai à ce que mademoiselle d’Amboisie avait dit. D’un air attendrit je repensai à ma mère en ajoutant naturellement :

« On me dit souvent…que je penses trop aux autres…que je ne penses pas assez à moi. Mais ça…je ne peux pas le changer. Je suis comme ça. Le fait de me sentir utile…de voir que je peux…aider les autres, leur apporter de la compassion, du cœur, ça me rassure. L’égoïsme me répugne. Je suis de ceux qui vivent pour les autres…Je ne vois pas l’intérêt de ne vivre que pour soit…on oublie les gens qui nous entourent et on ne ressent plus rien…on finit par devenir des coquilles vides…comme mon père. Le monde n’est pas aussi rose qu’on peut nous le compter…je pense qu’il est important que l’on soit tous bienveillants envers les autres. Parce qu’en fin de compte…quand on est seul…on est rien. Rien du tout. Tout seul on ne va jamais bien loin. Tout seul, on avance peut-être plus vite…mais à plusieurs, on avance plus loin. Car au fond…on aura bon dire ce qu’on veut, c’est dans le regard des autres qu’on se forge. Bien sûre ce n’est pas à eux de définir ce que nous sommes mais ce qui fait ce qu’on est, c’est ce qu’on traverse, les gens qu’on rencontre. Du moins je pense…nan ? »


Je pris un instant de pause. Je tentai de me remémorer ses paroles…Je baissai légèrement la tête lorsque je repris d’un air un peu triste :

« Hum je n’ai…jamais eu le courage d’en toucher un mot à mon père...enfin si…mais ça n’a pas beaucoup d’impact sur lui…j’ai l’impression de parler à un mur de glace. Et je ne lui ait jamais parler de notre déménagement…pour lui ça sonne comme une évidence. Et puis je n’avais pas vraiment de « racine » là bas…pas d’attache particulière. A force de déménager j’ai arrêté de m’attacher aux gens parce que j’en avais assez d’avoir mal quand je devais les quitter. Je ne m’attachais à personne et personne ne s’attachait à moi…c’est aussi simple que ça. Pour revenir à mon père, il n’est pas du genre à parler. C’est un peu un fantôme qui erre et qui reste perdu dans ses recherches…j’ai déjà essayé de lui poser des questions mais il refuse de répondre à chaque fois…on dirait que c’est un secret assez bien garder qu’il ne veut pas dévoiler. »


Je me remis à songer à l’idée de fouiller dans le bureau de mon père…cette action était loin de m’enchanter. Je pris un moment pour y réfléchir mais je décidai que j’allais tout d’abord essayé de lui en parler. Mais si jamais il refusait de me dire la vérité, j’irais la chercher moi-même. J’estimais que j’avais le droit de connaître les raisons de ce déménagement au Etats-Unis.

Mon expression s’attendrit une nouvelle fois en repensant à la dernière phrase de mademoiselle d’Amboisie, celle qui disait que je méritais ma place dans ce monde. Je la regardais d’un air respectueux, comme si je la remerciais pour ce qu’elle avait dit et du fait qu’elle essayait de m’aider. J’étais déjà emprunte d’une grande estime pour elle. Plus que de l’estime, de l’amitié. Ma pensée revint sur ce qui m’était passé par la tête quelques minutes auparavant. Je me sentais proche de mademoiselle d’Amboisie, le fait de rencontrer quelqu’un qui me comprenait autant me fit penser que j’étais peut-être moi aussi en mesure de la comprendre. Depuis le début de notre entretient j’avais l’impression qu’elle aussi était une âme déchiré. Elle avait ce petit air triste qui s’était installé sur son visage et qui avait finit par en devenir naturel. C’était comme si elle appelait à l’aide, un appel que personne n’aurait pris la peine d’écouter. Peut-être que je me trompais, mais j’avais la très claire impression qu’elle aussi semblait en détresse. Ne sachant pas ce qui me pris, mon côté émotive s’exprima sans que je puisse rien y faire, je la regardais donc d’un œil bienveillant, en lui disant :
« Pardon de m’éloigner du sujet mais…vous…à qui vous confier vous ? Je veux dire…vous êtes psychologue…vous écoutez en permanences les problèmes des autres en essayant de les aider au mieux. Alors quand c’est vous qui avez besoin d’aide…vers qui vous tournez vous…est-ce que vous garder tout pour vous ? Ou est-ce que vous avez quelqu’un à qui confier vos maux ? »


Je songeai de nouveau à ce livre que j’avais pût voir sur l’étagère un peu plus tôt et qui m’avait fortement attirée. L’aide de mademoiselle d’Amboisie était telle que je ressentais le besoin de lui venir en aide à mon tour. C’est donc en me penchant en avant que je lui dis en faisait volontairement référence à ce livre que j’avais vu il y a de ça quelques minutes :

« Qui résous votre « énigme » ? »

En observant sa réaction je fis de nouveau prise d’un sursaut, ma nature réservée repris-le dessus soudainement. Je me rendais compte de mon idiotie, je n’étais rien d’autre qu’une petite lycéenne, qu’aurais-je pût faire de plus…ceci dis, je gardais quand même le petit espoir que mademoiselle d’Amboisie voyait les choses sous le même angle et qu’elle comprendrait ma réaction. Je me repenchai en arrière, j’espérais quand même qu’elle me répondrait. C’est donc en tentant d’analyser ses traits que j’observai sa réaction…
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Jeu 24 Mar - 0:32

A première vue et selon les sentiments qui émanaient de la jeune fille, mes paroles avaient eu l'impact escompté. Souriante lorsque j'avais abordé la question de sa mère, nerveuse et agitée lorsque j'avais mentionné son père... Mes mots avaient eu un effet certain, sans doute même plus grand que je ne l'avais espéré. Perdue dans ses pensées, je contemplai son visage aux traits qui exprimaient un panel complexe d'émotions dont je me pris à souhaiter qu'elles étaient le fruit d'une prise de conscience vis à vis de son altruisme bien trop développé : non que je considère sa générosité comme un défaut, au contraire les personnes possédant une âme charitable et désintéressée étaient bien trop rares de nos jours, mais dans son cas toute personne qui aurait pris le temps de l'écouter, de l'aider, auraient pu constater avec un peu de persévérance qu'en elle cela revêtait un aspect négatif. Elle désirait tellement tendre la main à ses proches en peine qu'elle les épaulait au détriment de son propre bonheur...

Difficile était l'existence de ceux qui ressentaient une empathie telle qu'elle prenait le pas sur leurs sentiments personnels, leur bien-être,... J'en savais quelque chose... Relevant les yeux vers Coralie, je songeai qu'il fallait que je l'aide à se sortir de cette spirale infernale qui provoquait tant de douleurs, que jamais je ne la laisse sombrer avec les difficultés que pouvaient rencontrer ses proches et cela même si elle pensait réellement agir pour le mieux. C'est alors que Coralie me sortit de mes songes en inspirant fortement, apparemment elle souhaitait réagir à mes conseils et cela me rassura, me confirmant ainsi qu'elle était intéressée par mes analyses chaleureuses et sincères.


- Ma mère est une personne extrêmement fragile que je serais prête à protéger contre vents et marées. J’ai peur pour elle, en permanence. Si je la brusque trop j’ai l’impression de la voir se briser en mille morceaux sous mes yeux…comme du cristal. C’est vrai je m’inquiète beaucoup pour elle mais…je trouve que j’ai énormément de chance d’avoir quelqu’un qui tient autant à moi…ce que je fais pour elle comparée à tout ce qu’elle me donne…ce n’est rien…rien du tout.

Un amour d'une profondeur immense empli mon coeur à peine eut-elle mentionné sa mère. Leur relation était vraiment très spéciale, unique... Jamais jusqu'à présent il ne m'avait été donné de ressentir une telle affection, un lien dont je ne doutai plus qu'il égalait certain coup de foudre même si ces deux amours n'étaient pas comparables. La puissance qui animait son discours, la détermination qui se reflétait dans chacune de ses phrases : tout soulignait cet attachement sans borne à sa mère, à celle qui l'avait portée et l'aimait sans aucun doute d'un amour inconditionnel. Encore un instant, je me pris à songer qu'une telle relation de mon vivant aurait apaisé mes peines, mais de mon époque rien n'était semblable... Me ressaisissant à nouveau, chose qu'il ne m'était jamais nécessaire de faire lors de séances avec d'autres patients, je me recentrai sur la jeune fille qui continuait à se livrer avec un naturel qui me fit sourire, tel un encouragement :

- On me dit souvent…que je penses trop aux autres…que je ne penses pas assez à moi. Mais ça…je ne peux pas le changer. Je suis comme ça. Le fait de me sentir utile…de voir que je peux…aider les autres, leur apporter de la compassion, du cœur, ça me rassure. L’égoïsme me répugne. Je suis de ceux qui vivent pour les autres…Je ne vois pas l’intérêt de ne vivre que pour soit…on oublie les gens qui nous entourent et on ne ressent plus rien…on finit par devenir des coquilles vides…comme mon père. Le monde n’est pas aussi rose qu’on peut nous le compter…je pense qu’il est important que l’on soit tous bienveillants envers les autres. Parce qu’en fin de compte…quand on est seul…on est rien. Rien du tout. Tout seul on ne va jamais bien loin. Tout seul, on avance peut-être plus vite…mais à plusieurs, on avance plus loin. Car au fond…on aura bon dire ce qu’on veut, c’est dans le regard des autres qu’on se forge. Bien sûr ce n’est pas à eux de définir ce que nous sommes mais ce qui fait ce qu’on est, c’est ce qu’on traverse, les gens qu’on rencontre. Du moins je pense…nan ?

Autant de sagesse dans un seul discours n'étant réellement pas courant dans mes entretiens psychologiques avec des lycéens... C'est donc perplexe et pensive que j'avais écouté ses conclusions quant à son comportement : elle venait de faire sa propre analyse tout en détaillant sa façon de voir le monde. Comprenant que je ne pourrais la faire changer d'attitude, je décidai qu'il serait préférable de la guider plutôt que de la mettre face à ses faiblesses. Elle ne pourrait qu'évoluer en se découvrant elle-même, en notant les excès qui la caractérisait...

A sa dernière remarque, je ne pus m'empêcher d'arborer un magnifique sourire : sa perspicacité et son esprit innocent n'avait donc aucune limite ? Mais avant que je ne puisse trouver une réponse satisfaisante, elle reprit :

- Hum je n’ai…jamais eu le courage d’en toucher un mot à mon père...enfin si…mais ça n’a pas beaucoup d’impact sur lui…j’ai l’impression de parler à un mur de glace. Et je ne lui ait jamais parler de notre déménagement…pour lui ça sonne comme une évidence. Et puis je n’avais pas vraiment de « racine » là bas…pas d’attache particulière. A force de déménager j’ai arrêté de m’attacher aux gens parce que j’en avais assez d’avoir mal quand je devais les quitter. Je ne m’attachais à personne et personne ne s’attachait à moi…c’est aussi simple que ça. Pour revenir à mon père, il n’est pas du genre à parler. C’est un peu un fantôme qui erre et qui reste perdu dans ses recherches…j’ai déjà essayé de lui poser des questions mais il refuse de répondre à chaque fois…on dirait que c’est un secret assez bien garder qu’il ne veut pas dévoiler.


Selon ce qu'elle me disait, il devenait évident que son lien avec sa mère s'était construit de par l'isolement que son père l'avait inconsciemment amenée à adopter à force de déménagement. Ce détachement envers les personnes qui l'entouraient devait être une des causes de son altruisme extrême : en ne s'impliquant pas émotionnellement dans les problèmes des autres, elle en devenait plus à même d'apporter une vision claire et objective des soucis qui les préoccupaient. De même, l'envie qu'elle devait avoir en elle de s'approcher des autres pour former quelques amitiés qu'elles se refusaient de peur de souffrir, la poussait à aider les autres à outrance pour qu'elle ait l'impression d'exister aux yeux de la société puisque son père, lui, ne la voyait pas.

Une idée répréhensible dut traverser son esprit un instant. En effet, une sentiment d'hésitation puis de culpabilité l'avait envahi soudainement : mais son côté paisible fut le plus fort, devenant plus calme elle devait s'être raisonnée même si sa détermination restait intact, curieux mélange mais qui au vu de sa propriétaire si complexe ne parvenait plus à me surprendre même si un fin sourire illumina mon visage à cette pensée.

Toutefois, ce sourire se dissipa bien vite lorsque je sentis en elle une réflexion intense avant un moment de doutes puis quelques mots qui s'entrechoquaient, trahissant son agitation et son côté émotif qui venait de prendre le dessus :

- Pardon de m’éloigner du sujet mais…vous…à qui vous confiez vous ? Je veux dire…vous êtes psychologue…vous écoutez en permanences les problèmes des autres en essayant de les aider au mieux. Alors quand c’est vous qui avez besoin d’aide…vers qui vous tournez vous…est-ce que vous garder tout pour vous ? Ou est-ce que vous avez quelqu’un à qui confier vos maux ?

Coralie était réellement une jeune fille bien plus perspicace que je ne l'aurais imaginée. Loin d'être de ces adolescentes futiles dont seule une curiosité malsaine et le désir de me mettre mal à l'aise les aurait poussé à m'interroger ainsi, je sentais en cette lycéenne une âme noble et sensible : sans doute bien plus que tous les humains que j'avais pu rencontrer pendant mes 359 années d'existence.

Néanmoins, son interrogation n'en était pas moins dérangeante pour moi et ce poids ne fut qu'accentuer lorsque, se penchant en avant pour me donner à son tour un sentiment de confiance suffisant pour que je me confie, elle n'ajoute d'une voix posée forte d'une référence psychologique :

- Qui résous votre « énigme » ?

*Que puis-je lui répondre ? Dois-je agir comme je le faisais à l'habitude dès qu'un humain tente d'en apprendre plus sur moi ? Non, cela la réussirait qu'à la renfermer encore plus sur elle-même et à la conforter dans son idée qu'elle est une personne insignifiante* réfléchissais-je rapidement. Jamais je n'aurais pensé un seul instant que j'oserai un jour me confier, certes avec pour couverture un certain nombre de mensonges mais il était autant nécessaire à ma sécurité qu'à la sienne. J'entrepris donc, l'air de rien, de répondre du mieux possible :

- Je vois que vous avez remarqué mes lectures, vu votre altruisme envers les personnes vous entourant je suis certaine que cet ouvrage vous plairait, lui dis-je avec des traits détendus avant de prendre un air légèrement plus grave. Pour ce qui est de vos interrogations...

Le regard perdu un instant dans le vague, dans le reflet de souvenirs du passé qui resurgissaient en provoquant en moi cette douleur sourde qui me laissait désarçonnée et vide de toute vie, je repris en essayant de dissimuler au mieux mon expression de tristesse :

- ...disons qu'autrefois quelqu'un de très proche m'épaulait et avait décrypté "mon énigme"... Mais le destin prend parfois des chemins qui séparent ceux qui se comprennent et nous laissent seul à jamais, dis-je dans un soupir. Je suis de ces personnes qui ayant auparavant toujours eu à ses côtés une main tendue désirent plus que tout faire le bien à leur tour. La douleur d'une perte peut donner un but à votre vie ou du moins quelque chose qui vous aide à continuer : tout comme vous qui, délaissée par votre père, vous donner pour raison de vivre d'aider les personnes vous entourant mais en conservant une certaine distance pour ne pas vous souvenir de vos propres problèmes...

Songeuse, le passé revenait en moi malgré mon final qui ramenait notre discussion sur le plan de l'entretien. Ma blessure profonde se faisait plus vive même si je le dissimulai par des traits neutres mais dans lesquels une personne attentive aurait pu apercevoir le reflet du chagrin immense qui logeait dans mon coeur...


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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Sam 26 Mar - 20:19

J’observai attentivement son expression, son visage commençait à me paraître familier et je commençais à saisir quelques une de ses mimiques, aussi discrète soient-elles. J’eus donc l’impression au vue de son regard qu’elle hésitait. Elle devait sûrement réfléchir à la réponse qu’elle allait m’adresser. Je me demandai si elle allait saisir la perche que je lui avais tendue ou si elle allait préférer se rétracter et garder son passé pour elle. Encore une fois, je remarquai qu’elle me ressemblait plus que je n’aurais voulu l’admettre, que ce soit dans certains de ses gestes ou dans sa manière d’envisager les choses. Ainsi, je me rappelai mon côté imprévisible, qui faisait que personne, à part ma mère, n’arrivait jamais à savoir comment j’allais réagir face à une situation étant donnée que j’étais toujours tiraillée entre plusieurs options. J’en vins ensuite à m’interroger sur ce qui pouvait faire pencher la balance d’un choix ou de l’autre…bien que j’aurai voulu toujours écouter mon cœur et ne me préoccuper de rien d’autre, c’était bien souvent la raison qui l’emportait. Mais au moins je restai convaincue de faire les bons choix. Quant à celui de mademoiselle d’Amboisie, malgré son air indifférente, je ne pus me résigner à penser que le choix lui aurait parût évident puisque j’avais bien remarquée que même si elle essayait de le dissimuler, elle aussi avait un poids lourd à porter, une souffrance qui semblait là ronger en permanence malgré son air impassible. C’est donc en restant légèrement penchée en avait pour lui démontrer mon intérêt envers ses dires que j’écoutai ses mots :

- Je vois que vous avez remarqué mes lectures, vu votre altruisme envers les personnes vous entourant je suis certaine que cet ouvrage vous plairait.


J’acquiesçai en souriant. Elle avait donc reconnue ma petite référence et identifiée ce livre différent des autres qui avait attirée mon attention. Ceci déclencha ma curiosité, je me demandai bien de quoi ce livre pouvait-il bien parler…tout ce que j’espérai c’est que ce n’allait pas être un jargon incroyable de termes en rapport avec la philosophie ou je ne sais quoi. J’avais envie de lui demander de quoi ce livre pouvait bien traiter et je me demandai si j’allais le trouver intéressant si toutefois elle me donnait l’autorisation de l’extraire de sa collection pendant un temps. Mais je vis ses traits se durcir, je réservai donc ma demande pour ne pas là couper dans son élans et respecter ses confidences.

- Pour ce qui est de vos interrogations...

Je fronçai légèrement les sourcils, son regard était reparti dans le vague et son expression avait quelque chose de mélancolique. Je devinai qu’elle se remémorait sûrement des bribes de son passé, ignorant que celui-ci était beaucoup plus long que je ne l’aurai jamais imaginé. J’eus l’impression qu’elle se vidait de toute émotion, bien consciente que plonger dans ses songes semblait la faire souffrir intensément, j’eus pour idée de l’interrompre et de passer à autre chose, bien consciente que j’avais réveillé là des souvenirs profondément enfouis et dont elle n’avait sûrement pas parlé depuis très longtemps. Ceci dit, je ne savais vraiment comment réagir face à une tristesse qui semblait si profonde, de plus, j’eus à peine le temps d’entrouvrir la bouche pour lui dire des paroles qui auraient eut pour but de la rassurée qu’elle reprit :

- ...disons qu'autrefois quelqu'un de très proche m'épaulait et avait décrypté "mon énigme"... Mais le destin prend parfois des chemins qui séparent ceux qui se comprennent et nous laissent seul à jamais.


Mon expression devint presque aussi triste que celle de mon interlocutrice. Je compris qu’elle devait sûrement avoir perdu quelqu’un qui était cher à son cœur…immédiatement, je m’interrogeai sur qui pouvait bien être la personne qui aurait réussit à la décrypter entièrement. Etais-ce un parent ? Un ami ? Son amour peut-être…Mais ne voulant pas que ma curiosité devienne trop indiscrète et pour respecter son vécu je préférai garder le silence. Une part de moi-même se demandait également comment ces deux êtres qui semblait être si liés, s’étaient-ils quittés pour une raison ou pour un autre ou bien étais-ce la mort qui les avaient séparés…je n’en savais rien, mais une fois de plus, je tenais à ne pas déborder des limites, la blessure que m’exposait mademoiselle d’Amboisie semblait tellement profonde que j’avais peur de la déchirer encore plus en ravivant ses souvenirs. Sa dernière phrase m’attristait, mais elle était pourtant bien réel, la perte des gens qu’on aime, le chagrin et la solitude qui suit leur départ. Je ne connaissais que trop bien ce sentiment, voilà pourquoi pendant tout ce temps j’avais évité de m’attacher, pour ne plus avoir à subir cette déchirure. Mais je ne m’étais pas rendu compte le nombre de chose qui m’était à jamais refusés si j’avais continué à agir de la sorte. Aujourd’hui, j’étais dans une optique de « prendre le risque de vivre ». Bien décidée à mettre fin à cette solitude à laquelle je m’étais enchaînée avec des liens que j’avais moi-même forgé. Je relevai ensuite les yeux pour écouter avec attention la suite de sa réponse :

- Je suis de ces personnes qui ayant auparavant toujours eu à ses côtés une main tendue désirent plus que tout faire le bien à leur tour. La douleur d'une perte peut donner un but à votre vie ou du moins quelque chose qui vous aide à continuer : tout comme vous qui, délaissée par votre père, vous donner pour raison de vivre d'aider les personnes vous entourant mais en conservant une certaine distance pour ne pas vous souvenir de vos propres problèmes...


Je commençai à percevoir le fonctionnement de son énigme…elle semblait avoir connu pendant longtemps un lien sans précédent. Une personne qui l’aurait soutenue et qui aurait été comme un exemple pour elle. Cet être cher s’étant envolé, elle aurait voulu suivre son modèle pour éviter le chagrin incessant. En ayant reçu tout cet amour, elle aurait trouvé goût à le donner aux autres. Je soupirai lorsque je remarquai qu’elle « esquivait » la poursuite de ses confidences en revenant à moi. Histoire de ne pas la brusquée je préférai la laissée fixer elle-même ses limites sur ce point. Légèrement déçue qu’elle n’ait pas poursuivie ses paroles sur sa propre personne, j’haussai légèrement les épaules. Je penchai ensuite légèrement la tête sur le côté et pris un air réfléchie, je ne cessais de dire que j’avançais sans le moindre but, cette raison qui me poussait à vivre était donc de tenter l’impossible pour aider les personnes qui m’entourait et les aider à se sentir mieux ? Peut-être bien, maintenant qu’elle l’avait énoncée, ça ne me paraissait pas aussi idiot que ça, au contraire. Ceci dit je n’étais pas tout à fait d’accord avec la fin de sa dernière phrase, je décidai donc de m’exprimer avec des sourcils légèrement froncés :

« Je ne gardais pas mes distances pour éviter de me souvenir de mes propres problèmes, j’ai toujours assumé mes responsabilités et tout ce qui va avec. Si je me confinais dans cet isolement c’est uniquement pour éviter de souffrir. Alors je fuyais la souffrance oui, mais en aucun cas je ne fuyais mes problèmes. Je les vois bien en face, mais tout le monde en a. Certains en ont des plus graves…énormément plus grave. Je sais qu’ils sont là mais je fais avec, je ne veux pas passer mon temps à me morfondre même si c’est ce que je faisais avant. C’est grâce à ma mère que je reste debout, c’est grâce à tout ce qu’elle me donne que j’avance. Alors maintenant, je vois bien que c’est elle qui a besoin de moi. Alors même si je n’ai pas vraiment d’autres choses auxquels me raccrocher, j’avance quand même. »


Je pris un moment pour respirer, mon enthousiasme était devenu presque étouffant, ceci dit, je ne pus m’empêcher d’ajouter avec la plus grande conviction :

« Qu’importe les obstacles qu’il y aurait à franchir ou les déchirures à subir, je serai prête à toute encaisser si c’était pour sauver ou aider quelqu’un qui m’est chère. J’avancerai droit vers l’ennemi sans me poser de question, même si je suis tétanisée par la peur, je trouverai la force de le faire quand même parce que…il n’y a rien de pire que de perdre un être auquel au tient… »


Ces paroles me traduisaient parfaitement puisqu’elle prouvait une énième fois que je serai prête à tout pour ceux que j’aime tant mon attachement était intense lorsqu’il était déclenché. Je me laissai retomber sur le dossard de la chaise tant mes émotions me prenait le cœur. Consciente que cet entretien était pourtant prédestiné à parler à mon sujet je ne pus m’empêcher d’avoir envie d’aider mademoiselle d’Amboisie à sortir de cette souffrance qui m’était inconnue et qui n’avait de cesse de la détruire intérieurement. C’est donc avec un sourire bienveillant que je lui déclarant :

« En faite…en aidant les autres en devenant psychologue, j’ai l’impression que c’est un peu la même chose pour vous…même si c’est sous une forme différente. »


Ne voulant pas m’incruster dans ce qui ne me regardait pas, je préférais lui laisser le bénéfice de choisir quand elle voudrait me livrer son vécu et ce qu’elle ressentait. Je décidai donc de changer de sujet pour ne pas relancer ses souvenirs qui, je le voyais bien, semblaient des plus chaotiques :

« Ce livre…dans votre étagère…ça raconte quoi en gros ? »

J’affichai un petit sourire et un regard curieux, histoire de détendre un peu l’atmosphère et pour essayer de balayer les souvenirs et les inquiétudes de mademoiselle d’Amboisie, pour lui enlever ce poids qui pesait sur elle, même si je ne pouvais le lever que de manière temporaire…
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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI] Jeu 21 Avr - 11:06

Un instant songeuse après mes paroles, Coralie se révéla rapidement très spontanée et me répondit avec une assurance qui n'était que l'écho de sa conviction intérieure que je ressentais clairement :

« Je ne gardais pas mes distances pour éviter de me souvenir de mes propres problèmes, j’ai toujours assumé mes responsabilités et tout ce qui va avec. Si je me confinais dans cet isolement c’est uniquement pour éviter de souffrir. Alors je fuyais la souffrance oui, mais en aucun cas je ne fuyais mes problèmes. Je les vois bien en face, mais tout le monde en a. Certains en ont des plus graves…énormément plus grave. Je sais qu’ils sont là mais je fais avec, je ne veux pas passer mon temps à me morfondre même si c’est ce que je faisais avant. C’est grâce à ma mère que je reste debout, c’est grâce à tout ce qu’elle me donne que j’avance. Alors maintenant, je vois bien que c’est elle qui a besoin de moi. Alors même si je n’ai pas vraiment d’autres choses auxquels me raccrocher, j’avance quand même. »

Bien qu'elle confonde le fait de fuir les problèmes et la notion de responsabilité, son discours était sincère. Plus que cela il exprimait une réelle envie de se sortir des angoisses dans lesquelles elle vivait depuis des années : angoisse que son père ne les oblige à déménager encore, angoisse de l'absence de celui-ci, peur que sa mère en souffre,... Elle désirait voir tout ceci s'arranger mais elle ne pourrait le faire que si elle se décidait à engager la conversation avec ses parents, si elle exprimait haut et fort ses sentiments et cela sans artifice. Un déclic en elle avait eu lieu : elle comprenait à présent qu'outre un simple désir, son besoin d'aider les autres était devenu un but, un but pour lequel elle avait peut-être négligé sa propre personne...mais un but qui la poussait à avancer et lui donnait une véritable importance sur cette Terre tant les personnes réellement altruistes se faisaient rares.

Puis elle ajouta :

« Qu’importe les obstacles qu’il y aurait à franchir ou les déchirures à subir, je serai prête à toute encaisser si c’était pour sauver ou aider quelqu’un qui m’est chère. J’avancerai droit vers l’ennemi sans me poser de question, même si je suis tétanisée par la peur, je trouverai la force de le faire quand même parce que…il n’y a rien de pire que de perdre un être auquel au tient… »

Emotions douloureuses et poignantes, elle vivait chacune de ses paroles me prouvant une fois de plus que son attachement aux personnes qu'elle aimait était tel qu'elle ne supporterait en aucun cas de les perdre... *Ma famille...Nathaniel...* me prise alors à songer alors que mes yeux devinrent sans doute brillants sous le coup de ses sentiments exacerbés que je faisais tout pour contenir depuis trop d'années.

« En faite…en aidant les autres en devenant psychologue, j’ai l’impression que c’est un peu la même chose pour vous…même si c’est sous une forme différente. »

Me reprenant grâce à son esprit alors positif et curieux dont je laissais volontairement les émotions filtrer jusqu'au mien pour pouvoir effacer temporairement les méandres des funestes souvenirs passés, je lui répondis d'une petite voix à peine audible :

- Sans doute oui...

L'agrémentant d'un fin sourire qui ne dût pas être convaincant, elle changea alors de sujet :

« Ce livre…dans votre étagère…ça raconte quoi en gros ? »

Souriante à ses paroles qui me permettait de me changer quelque peu les idées même si les fantômes de ma vie n'étaient guère loin, je me levai et gagnai la bibliothèque à pas humain en prenant garde de ne pas presser la cadence. Ainsi j'attrapai le livre qui attirait l'attention de mon interlocutrice depuis le début de notre séance : « L’énigme de l’esprit, une perle rare ». A la couverture de couleur améthyste, il était une des plus belles pièces de ma collection : aussi bien le titre gravé aux lettres d'or que les pages que ses pages légèrement jaunies par le temps en étaient une preuve irréfutable. Toutefois, par une sympathie que je ne pouvais m'expliquer, je m'approchai de Coralie et le lui tendis :

- Raconter le contenu d'un livre n'est jamais aussi fort que sa lecture elle-même, et je suis certaine que cet essai comblera bien de vos questions...

Troublée par nos discutions et par la réaction que je venais d'avoir, je décidai qu'il était temps d'abréger ce premier entretien : nous aurions sans nul doute l'occasion de nous revoir pour d'autres conversations tout aussi intéressantes. Un sourire aux lèvres, j'annonçai donc :

- Je pense qu'il est temps de vous rendre à vos occupations et à vos professeurs ! Nous nous revoyons prochainement, de toute façon nous aurons à discuter à propos de cette lecture je pense, lui dis-je avec un clin d'oeil amical.

La raccompagnant à la porte de mon bureau sans quitter mon sourire superficiel qu'esquissait mes lèvres malgré les tourments que la jeune Coralie avait réveillés en moi, je la saluai une dernière fois avant de la regarder s'éloigner dans le labyrinthe du lycée. Pensive, fermant la porte machinalement, je regagnai mon fauteuil de cuir où je me laissais tomber : cette élève m'avait décryptée, du moins en partie. Elle me ressemblait beaucoup et je venais insconsciemment de me donner pour but de l'aider et de la protéger, même si un doute qui me rappellait mon état d'immortelle et mes souffrances passées résonnait en moi...





[FIN]


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MessageSujet: Re: Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI]

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Un entretien pas comme les autres [Pv Eléanore D'Amboisie et Coralie Trem] - [FINI]

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